Les Armes de BAGNOLS SUR CEZE

Les Armes de BAGNOLS SUR CEZE

- La Ville de Bagnols porte (1816) : 

- de gueule, à trois tinettes ou cuvettes d'or, suspendues chacune à un anneau par trois cordons de même, posées 2 en chef et 1 en pointe ; et un chef cousu de sinople, chargé de trois fleurs de lis d'or.

Selon d'autres sources plus anciennes (armorial de 1694) on devrait lire : D'azur à trois cuves recouvertes d'or, notation qui est reprise par Gastelier de la Tour en 1767, dans son Armorial des États du Languedoc.

Les tinettes stylisées représentent les baignoires en bois telles quelles étaient aux XIIIème et XIVème siècles. La baignoire, qui se substitue au blason, est extraite du Roman d'Alexandre, écrit au début du XIVème siècle.

Ce blason suscite beaucoup de polémiques : Bagnols, ville royale devrait avoir le chef cousu d'azur. En fait les émaux cités, de gueule et sinople sont ceux attribués par Louis XVIII en 1816, mais sur les pages de garde du cadastre de 1784 c'est l'azur qui est utilisé. Léon Alègre l'utilise sur la couverture de certains de ses ouvrages et un certain nombre de monuments de la ville sont blasonnés d'azur. 
Toutefois, les plus anciens seigneurs de Bagnols, issus des vicomtes de Béziers, avaient pour blason :'De gueule à trois cuves d'or', ce qui explique, peut-être, pourquoi Louis XVIII a attribué cet émail à Bagnols. Par contre l'attribution du sinople, au lieu de l'azur, reste obscure.

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PETIT HISTORIQUE

Des origines jusqu'au moyen âge.

Il y a sans doute plusieurs milliers d'années, dans une boucle de la Cèze, sur le penchant d'une colline rocheuse, au milieu des étangs et des marécages, des Eyrieux, de Lagaraud et des Escanaux, des hommes se sont installés aux abords de deux petites sources : La Grand Font et la Font Petite.

De ces sources naissaient deux petits ruisseaux qui coulaient vers la rivière. Comme partout, ces deux sources furent probablement déifiées. C'étaient, il y a cinquante ou cent mille ans, des chasseurs nomades, puis des pasteurs qui se fixèrent peu à peu construisant les premières huttes d'un petit village d'agriculteurs.

Vers 1800 ans avant J.C. vinrent les Ligures.

vers - 800 les Celtes.

vers - 350 d'autres Celtes : les Volques Arécomiques.

Les Grecs avaient fondé Massilia et commerçaient avec l'intérieur. Au IIème siècle avant J.C. c'est le passage du Rhône par les armées d'Hannibal, peut être vers Codolet.

En 121 avant J.C. les Romains s'emparent de la Gaule méditerranéenne des Alpes aux Pyrénées et le petit village bâti auprès de nos sources devient, probablement, une vilae romaine auprès des voies des Helviens et des Voconces. La voie des Helviens joignait Némausus à Alba en traversant l'Ardèche. La voie des Voconces reliait Nemausus à Vasio (Vaison la Romaine) et Carpentras en traversant le Rhône à St Saturnin du port (Pont St Esprit). Les Romains, déjà férus de thermalisme, découvrent les vertus des sources de l'Ancise. Ils construisent alors des petits bains. Balneolae, Balneolarum, ce sont ces petits bains qui donneront son nom à notre cité. De ces petits bains rien d'autre n'est resté. Mais on sait que pendant des siècles (au début du XVIIème leur réputation était encore grande), les eaux de l'Ancise ont été utilisées pour le traitement des maladies de la peau comme la 'rousigue' et même la lèpre.

Le christianisme s'implanta sans doute vers le IVème siècle et, d'après la légende, une première chapelle fut érigée sur l'emplacement d'un temple romain dédié à Isis : les colonnes du porche de notre église actuelle en proviendraient. Auprès de la chapelle se trouvait un petit cimetière dont les tombes sont parfois retrouvées au cours des travaux de voirie, notamment dans la partie basse de la place Mallet. Les sarcophages ainsi mis à jour ont été datés des V et VIème siècles.

Après une ère de relative tranquillité, la 'Paix Romaine', ce furent les grandes invasions, Wisigoths, Francs, Sarrasins, qui ravagèrent la région. Puis vint le règne de Charlemagne qui apporta quelques années de prospérité.

Avec ses successeurs l'époque féodale allait débuter.

De toute l'histoire ancienne de Bagnols nous ne savons presque rien : nous sommes réduits à des suppositions, aucune fouille sérieuse n'ayant été pratiqué dans la ville. Toutefois le nom de Bagnols apparaît vers 950, quand le chef lieu de la Vicaria Caxionensis (Viguerie de la Caissonenque) y est transféré depuis Montaigu, château, maintenant en ruine, situé sur une colline voisine de Carsan. Ensuite on trouve 'Baniolas' en 1119 dans le Cartulaire de Psalmody, sur d'autres documents on peu lire Balneolae en 1281, puis Baignolz en 1461, orthographe qui se retrouve notamment sur les cartes établies pour le Grand Duc Cosme 1er de Médicis, cartes toujours visibles dans la salle des cartes du Palazzo Vecchio de Firenze.

En 993 Le plus puissant seigneur de la région paraît être le baron de Sabran, descendant probable des vicomtes de Béziers. Le domaine de celui-ci, au XIIIème siècle, couvrira tout le Nord-est de l'actuel département du Gard. D'Alleyrac, manse (domaine) à l'ouest de l'actuel village d'Issirac, qui n'existait pas encore à l'époque, il s'étendra en passant par Saint Paulet de Caisson, Bagnols, Lussan, Vallérargues, Cavillargues et Saint Victor, jusqu'à Saint Laurent des Arbres et Lirac. Il en reste encore un lieudit 'La Sabranenque' sur les communes de Lirac et de Saint Laurent des Arbres. Il rend hommage, au comte de Toulouse, à l'évêque d'Uzès et à l'évêque d'Avignon. 

Les Sabran

Leur puissance ne s'arrêtait pas aux villages des environs. Dans leur histoire nous retrouvons des alliances prestigieuses : Vers 1178, Raimon de Sabran épouse Gersande, comtesse souveraine de Forcalquier, qui apporte en dot le Château d'Ansouis. En 1180 autre alliance : Alix de Forcalquier épouse Géraud Amic II, oncle de Raimon de Sabran. Puis Garsinde fille de Gersande et Raimon épouse Alphonse II Comte de Provence et fils du roi d'Aragon, leur fils Raimon Béranger IV, comte de Provence aura plusieurs filles, toutes reines :

Marguerite épouse Louis IX (St Louis) ) le 27 mai 1234. Éléonore épouse Henri III Plantagenêt, Roi d'Angleterre.

Sanchie, épouse Richard de Cornouailles.

Béatrix, épouse Charles d'Anjou, roi de Naples.

C'est pourquoi on a pu dire de Forcalquier que c'était le pays de quatre reines.

En 1220 on retrouve les Sabran comtes souverains de Forcalquier. En 1294 ils sont aussi comte d'Oriano, comtes d'Apia et d'Ascali en 1360 et Barons d'Ansouis et de Baudinard en 1480.

Enfin, sous la restauration, le 4 juin 1814 le Baron de Sabran devient pair de France et le 31 mai 1825 Duc de Sabran.

Les seigneurs de Bagnols étaient donc, déjà au début du deuxième millénaire, alliés aux plus grandes familles d'Europe. Actuellement il est possible de dire que pratiquement, par le jeu des alliances féminines, toutes les familles royales d'Europe ont du sang des Sabran, dans les veines.

C'est sans doute à partir de 1223 que l'importance de Bagnols allait s'étendre : cette année là le Roi Louis VIII transfère à Baignolz le grand marché, qui se tenait alors dans la plaine de St Victor la Coste, aux pieds du Castellas. St Victor la Coste était la capitale de Rostaing de Sabran, Connétable du Comte de Toulouse et seigneur majeur de Bagnols.

En 1226 il doit faire allégeance au Roi de France et il lui cède ses droits seigneuriaux sur la ville. Celle-ci est alors annexée aux domaines royaux.

La ville commence à se fortifier et Guillaume de Sabran fait élever un puissant château fort sur la partie la plus élevée de la cité. Là où se trouvait sans doute la première butte castrale, face aux collines de l'Ancise.

Bagnols était alors un gros bourg, de forme sensiblement ovale, dominé par le haut donjon du château. Un château curieusement assez indépendant de la cité : aucune rue principale ne le rejoignait, seules d'étroites ruelles et les chemins de ronde permettaient aux bagnolais d'y accéder.

D'imposants remparts ceignaient la ville. Cette enceinte était percée de cinq portes (non comprise l'entrée du château) puissamment défendues. La ville devait paraître assez redoutable et durant la période de la Guerre de 100 ans, alors que les villages des alentours et même Pont St Esprit étaient ravagés par les Grandes Compagnies, celles-ci s'arrêtèrent dans les faubourgs, obligeant leurs habitants, y compris les moines à se réfugier en ville, mais la ville ne fut pas prise.

Pendant cette époque particulièrement troublée, qui a vu se succéder guerres et épidémies de peste laissant la France et même l'Europe entière exsangue, la population avait baissé considérablement. Le dénombrement de 1384 ne relève plus que 115 feux à Bagnols, 80 à Alès, 110 à Pont St Esprit, 120 à Uzès, 160 à Beaucaire et 1400 à Nîmes. Un feu représentait environ cinq personnes, cela donne une idée assez nette de la régression de la population dans la région. Et la guerre qui avait débuté en 1337 allait durer encore jusqu'en 1453 !

Nous pouvons citer une petite anecdote relative à cette époque : comme nous le savons, en 1309 la papauté s'était installée à Avignon et le Pape Clément VI, était le frère de Roger de Beaufort, Vicomte de Turennes et baron de Bagnols et Alès. Il vint souvent à Bagnols et conféra aux bagnolais le droit de bourgeoisie romaine, privilège qui fut confirmé en 1380 par son neveu, pape sous le nom de Grégoire XI. Ce privilège n'ayant pas été aboli, les bagnolais sont donc toujours bourgeois romains !

 

DESCRIPTION DE LA VILLE AU MOYEN AGE

Si nous examinons les plans anciens de la ville nous pourrons y voir :

- Au sud, la porte St Victor, réservée aux habitants de St Victor pour accéder au marché sans payer de péage. Toujours au sud la porte des Peyrières qui s'ouvrait sur la route de Nîmes et de St Gilles.

- Au nord, la porte de Bourgneuf qui donnait accès aux routes d'Alès et de Pont St Esprit.

- Au nord encore, le Posterlon qui s'ouvrait sur la rue du ruisseau.

- A l'est, la porte de la Poulagière qui s'ouvrait sur la route d'Avignon.

- Au centre, l'église, la place du marché et la tour de l'Horloge ou Tour Canilhac.

- A l'ouest, le Château.

C'est en fonction des accès principaux que s'érigèrent les immeubles qui constituent maintenant le patrimoine ancien de la ville.

Sur les rues issues des portes et la place du marché furent construits les plus beaux immeubles :

Rue St Victor les immeubles des plus anciens commerçants : c'était la rue privilégiée pour l'accès au marché.

Rue de la Poligière (rue de la Poulagière ou rue Fernand Crémieux), Grande Rue (rue de la République) et rue de la Peyrolarie (actuelle rue Rivarol et au XIXème rue des épiciers) de nombreux commerces, auberges et hôtels particuliers.

Dans la rue du ruisseau (rue Léon Alègre) s'installèrent les corroyeurs qui traitaient les peaux, puis à partir du XVIIème les teinturiers, qui utilisaient l'eau de la grande fontaine pour leur profession.

Dans la rue de la Terraille, actuelle rue Général Teste, de nombreux potiers (en occitan, terraille signifie poterie).

Dans les autres petites rues, les impasses, souvent obscures, les manants, c'est à dire le petit peuple, ouvriers, paysans, domestiques.

Beaucoup de constructions de la vieille ville sont très anciennes et le visiteur peut y découvrir des choses intéressantes, mais souvent difficiles à interpréter et dater : en effet les divers bâtiments ont été profondément remodelés au cours des siècles et de nombreux immeubles, qui paraissent relativement récents, sont élevés sur des soubassements quelquefois antérieurs au Xème siècle, et parfois, en visitant certaines constructions il est possible de découvrir des murs, dont la construction rustique pourrait remonter aux premiers siècles de notre ère.

Parmi les bâtiments les plus anciens de la ville il faut citer notamment l'église paroissiale St Jean Baptiste et ses orgues classées. Elle a été construite à partir du XIIème siècle à l'emplacement d'une première chapelle du VI ou VIIème siècle, elle-même élevée, d'après la légende, sur les ruines d'un temple dédié à Isis, bâti par une légion romaine de retour d'Égypte.

Si peu d'archéologues ont travaillé sur Bagnols, en revanche beaucoup d'historiens locaux se sont penchés sur son histoire, mais c'est sans doute Léon Alègre qui nous donne le plus de renseignements sur le patrimoine bâti de la ville. Son ouvrage, ' Bagnols en 1787 ', nous a le plus souvent servi de référence dans notre recherche.

La Ville et l'Office du Tourisme de Bagnols ont étudié un circuit de découverte. Des plaques explicatives ont été mises en place sur différents immeubles ainsi que des marquages au sol. Un plan a été dressé pour permettre aux visiteurs de se repérer plus facilement. Il sera donné gracieusement à toute personne intéressée.

Le remarquable patrimoine ancien de Bagnols ne se limite pas aux monuments ou aux immeubles de la cité.

DANS LA CAMPAGNE BAGNOLAISE.

Tout autour de la ville, dans la campagne, se dressent des vestiges, des ruines ou des constructions typiques qu'il est presque indispensable d'avoir vu. 

Nous pouvons citer notamment :

- A l'est, prés de Carmignan, le très beau Manoir de Maransan avec sa tour dont les fenêtres à meneaux datent de la Renaissance. Tout à coté, la très belle chapelle romane St Thyrce, sa construction paraît avoir commencé au Xème siècle et s'est poursuivie pendant environ deux siècles, comme l'indique l'utilisation de différents types d'appareils dans la construction. Les plus anciens sont assez rustiques et par la suite, vers la fin de l'édification, l'habileté des tailleurs de pierre était devenue remarquable. L'épaisseur des murs atteint prés de 1,60m, ils sont renforcés par des contreforts à l'extérieur et par les piédroits des arcs doubleaux à l'intérieur. Par ailleurs, il semblerait que la pente de la toiture ait été prévue à l'origine pour l'emploi de tuiles romaines, ou gallo-romaines, comme en témoigne la surélévation du mur triomphal au dessus des moulures originales . La pente a été augmentée pour poser une toiture en lauzes : les moulures du pignon ouest ont été réalisées avec la nouvelle pente nécessaire pour ce type de toiture.
La nef a une profondeur de 11,92m, pour une largeur de 5m aux doubleaux. La voûte, dont le cintre est légèrement brisé atteint une hauteur de 10,20m. L'abside, voûtée en cul de four, a une largeur de 4,09m et une profondeur de 2,50m. Une baie cruciforme dans l'axe des voûtes, orne le mur triomphal, au dessus de l'abside. Les baies sont étroites, mais elles se caractérisent par leur double ébrasement, intérieur et extérieur, disposition, classique, qui permet une entrée maximum de la lumière par une petite ouverture. Il n'y a plus trace de l'ancien clocher, qui s'élevait vraisemblablement au dessus du mur triomphal, quelques baies ont été obturées, mais l'aspect du bâtiment a cependant peu changé et il est encore semblable à celui du moyen âge, toutefois, comme il sert de remise agricole, il se dégrade peu à peu.

Un peu plus loin un beau pigeonnier, circulaire, du XIV ou du XVème siècle, se dresse au milieu des vignes.

- Au Nord, la chapelle St Martin de Saduran qui semble dater du début du XIIème est parfaitement entretenue. Son plan est très simple, comme celui de St Thyrce et ses dimensions assez semblables. Le bâtiment a été restauré une première fois au XIIème siècle, puis assez récemment la toiture en lauzes de l'abside a été remplacée par des tuiles plates vernissées, similaires aux tuiles de l'Hospice de Beaune. La décoration est un peu plus soignée que celle de St Thyrce. Chaque année, pour la St Martin, une cérémonie religieuse s'y déroule encore.

Tout près, au sommet de la falaise du Haut Castel, les ruines de la chapelle St Victor, érigée vers les VIII ou IXème siècles, jouxtent un oppidum de l'âge du fer. Elle est construite d'une manière très rustique avec des pierres brutes. Son autel se trouve maintenant au musée d'Art Sacré de la Maison des Chevaliers à Pont St Esprit.

- A l'ouest, en limite de Combe, hameau de Sabran), presque entièrement rénovée, la chapelle St Julien de Pistrin, ou Pestrin, des XI et XIIème siècles. Elle avait été restaurée une première fois en 1605, date à laquelle la voûte de la première travée a été rebâtie en croisée d'arêtes. Une chapelle latérale lui a été adjointe, au nord, sur la seconde travée. Elle était le siège d'une paroisse déjà signalée en 1191. Elle fut prieuré jusqu'en 1807, date à laquelle la communauté de St Julien fut réunie à Bagnols.
La nef a une longueur de 13m, pour une largeur de 5,80m entre les piédroits des doubleaux. Les murs latéraux atteignent une épaisseur de 1,70m. L'abside, profonde de 4m et large de 5,80m, comme la plupart des chapelles romanes de la région, a une voûte en cul de four. Elle est actuellement partiellement restaurée par les soins d'une association, présidée par M. Pigoulié.

Des promenades dans la campagne vous permettront de voir des petits coins agréables, comme le 'Pont du Diable' sur un chemin oublié (ancienne voie caladée, probablement pré-romaine), dans les collines, tout prés du Lycée Technique. Ou bien sur un autre petit chemin qui, issu de l'Avenue de Fontresquières monte, à travers bois, vers le Quartier de Masse, vous découvrirez la calade d'un ancien chemin romain qui suivait l'antique voie des Voconces, reliant Nemausus à Vasio, Nîmes à Vaison-la-Romaine. Il passait le Rhône à Pont St Esprit (Villa Clara) sur des bacs, simples plates-formes de bois disposées sur des utriculaires, outres de peau gonflées d'air.

Vous pourrez vous promener sur les bords de la Cèze, rivière qui semble paisible, surtout en été, mais dont les colères sont terribles. Ses aïgados sont dévastatrices, comme celles de beaucoup d'autres rivières dans le midi : son niveau peut s'élever de 12 m, en quelques heures.

Les hommes importants de Bagnols.

A Bagnols naquirent, ou vécurent, des hommes qui parfois furent célèbres, ou s'ils n'atteignirent pas la célébrité, furent suffisamment importants pour que la ville en soit fière. Parmi ceux-ci nous pouvons citer :

Lévy Ben Gerson, 

dit le Gersonide, ou Maître Léon. Théologien, philosophe, médecin et naturaliste, il fut aussi un mathématicien et un astronome remarquable. Il inventa l'ancêtre du sextant : le bâton de Jacob. Né vers 1288 il écrivit plusieurs ouvrages qu'il traduisit en latin pour le pape Clément VI, frère de Roger de Beaufort, baron de Bagnols et d'Alès.

Antoine Rivarol. 

Né à Bagnols le 26 juin 1753, il fut l'auteur du Discours sur l'universalité de la langue française : en 1784, l'Académie de Berlin mit en concours 'l'Universalité de la langue Française'. Il écrivit alors son Discours qui souleva à la fois l'admiration et des critiques sévères. On y trouve l'affirmation :'Ce qui n'est pas clair n'est pas français' . C'était un polémiste redoutable, ardent royaliste il fut contraint à l'exil, se réfugia à Bruxelles, puis à Londres et enfin, en 1800, à Berlin, à la cour de Frédéric-Guillaume III. Il mourut en avril 1801 après une courte maladie. Il avait épousé une jeune anglaise, Louise Mather-Flint, mais, il était peu doué pour le mariage et aimait bien trop la vie mondaine, son divorce fut prononcé le 12 brumaire de l'an III (2 novembre 1794).

Le général Claude François Rivarol,

frère d'Antoine, né à Bagnols le 6 juin 1759, mort à Brie-Comte-Robert le 6 juin 1848. Écrivain lui aussi et officier dans l'armée royale, il dut émigrer pendant la révolution et ne rentra en France qu'après la chute de l'Empire. Louis XVIII le nomma aide de camp. Il avait épousé en secondes noces , les 9 et 10 mai 1908, Charlotte, Simon, Félix, Camille de Sibert de Cornillon, après une longue opposition de Monsieur Charles Hector de Sibert de Cornillon son père. Elle apportait en dot le Domaine de Fontbelle à Bagnols. Il décéda à Brie Comte Robert en 1848, son épouse en 1852.

Le docteur Jean Baptiste Madier.

 Né à Bagnols le 12 octobre 1740. Mort à Bagnols le 12 août 1824. Chimiste renommé il fut lié avec la plupart des savants de son temps : Lavoisier, Vicq d'Azir (secrétaire perpétuel de l'Académie Royale de Médecine) et Chaptal. Celui-ci parlait dans ses ouvrages des communications scientifiques du docteur Madier, mais sans citer le nom de leur auteur. Tenu au courant des expériences de Montgolfier et de l'ascension de Pilâtre de Rosier et du Marquis d'Arlanges, par Rivarol,  il fut également le concepteur de la montgolfière bagnolaise qui s'éleva le 18 avril 1785. 

Antoine Teste.

Né le 27 août 1743, il fut tout d'abord notaire à Bagnols, mais il était surtout révolutionnaire.  Ses convictions républicaines lui valurent maints ennuis, mais aussi, en 1789, la députation, puis, en décembre 1791, son élection comme maire de Bagnols et enfin, en novembre 1792, sa nomination de procureur général syndic du Gard . Républicain austère et Montagnard convaincu, il ne voulut pas être responsable de la Terreur qui suivit la chute des Girondins. Il dut fuir malgré ses liens avec l'accusateur public Bertrand. Pendant cette période, très troublée à Bagnols, comme partout en France, sa maison fut saccagée par les fédérés le 10 juillet 1793. Son fils aîné, François, officier, âgé de 18 ans, engagé dans les troupes qui combattaient alors l'Espagne, fut destitué, le 30 mai 1794,  à la suite d'une cabale. Il tenta de l'aider à retrouver son grade, mais, malgré l'aide de Cambacérès, la suspension ne fut levée que deux ans après (17 mars 1796), et le jeune Teste dut encore attendre plus de deux ans sa réintégration (11 septembre 1798). Antoine Teste, après son retour à Bagnols, comme président de l'administration cantonale, s'opposa à Bonaparte lors du coup d'état du 18 brumaire an VIII. Il fut destitué et repris son cabinet de notaire. Il décéda le 26 juin 1807. Il avait trois fils :

e Général François Teste.

 Né le 19 novembre 1775, engagé à 17 ans, il fut nommé chef de brigade, après Marengo, le 9 août 1800. Général sur le champ de bataille de San-Pietro-in-Gin le 4 novembre 1805. Baron d'Empire en 1809, chevalier de St Louis en 1815 il devint pair de France le 7 novembre 1839 et Grand Croix de la Légion d'honneur le 14 décembre 1849.
Nota : le portrait ci-contre a été réalisé d'après une peinture de Léon Alègre, peinture qui fait partie des réserves du Musée de Bagnols.

 Ses deux frères, Jean-Baptiste et Charles, eurent aussi un rôle important dans l'histoire du XIXème siècle. 

Jean-Baptiste.

Il eut une vie mouvementée. Sous Louis-Philippe il fut ministre des travaux publics et, à ce titre, il obtint plusieurs subventions pour des travaux d'aménagement de la ville de Bagnols.

 Charles, 

le benjamin, après avoir oeuvré au service de l'Empire comme payeur divisionnaire des armées, puis comme directeur des domaines du royaume de Naples, obtint, après la chute de Napoléon, sa licence en droit à l'Université de Liège. Rentré à Paris, il participât à la révolution de 1830 : les trois glorieuses, 28, 29 et 30 juillet. Il fut ensuite directeur du chemin de fer Corse. Il mourut en août 1848. Il était affilié au mouvement de la Charbonnerie française.

 L'amiral Bompard.

 Il servit dans la marine sous Louis XVI, pendant la République, le Consulat et le 1er Empire. A cause de sa santé déficiente il dut refuser sa nomination d'amiral en chef de la Marine Française. Napoléon 1er nomma alors l'amiral Villeneuve et ce fut le désastre de Trafalgar du 21 octobre 1805.

 Léon Alègre.

Né à Bagnols le 14 décembre 1813. Mort à Bagnols le 27 novembre 1884. Écrivain, journaliste, archéologue, excellent dessinateur et peintre de talent, il fut le créateur du Musée-Bibliothèque de Bagnols. Il se dépensa sans compter pour sa ville natale et ses ouvrages sur l'histoire de Bagnols font encore référence.

Plus prés de nous il ne faut pas oublier le peintre Albert André. Nommé Conservateur du Musée de Bagnols le 8 février 1917 il le resta de nombreuses années, et grâce à ses liens d'amitié avec les plus grands peintres de l'époque, comme Renoir, Marquet, Signac, il fut à l'origine de la prestigieuse collection qui permet à notre musée d'être classé, dans sa catégorie, parmi les plus beaux de France.

 

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